Fraser island

Harvey Bay est le point de départ de notre prochaine escapade. Ari est en manque de sensation et Fraser island lui offre l’opportunité de jouer les baroudeurs. Pour découvrir cette île longue de 120 km, il faut piloter un 4X4. Imaginez le sourire qui illumine notre fangio de pouvoir tenir entre ses mains cet énorme jouet appelé « Defender ».  Et puis pour que l’aventure soit complète, rien ne vaut une bonne vieille tente et un petit tapis de sol. Nous embarquons sur une barge qui dépose cet équipage à qui il ne manque plus que deux traits sous les yeux pour faire de l’ombre à Rambo… Ari n’a jamais piloté un 4X4, mais maîtrise parfaitement la conduite des tracteurs qui selon lui n’est pas si loin que ça. La copilote reste de marbre et préconise simplement de cuire quelques denrées de survie avant le départ, riz, lentilles et œufs durs, histoire de ne pas mourir de faim !!! Il faut vous dire que Fraser island est une île de sable qui a été longtemps exploitée pour un bois très imperméable appelé satinay et puis comme gisement de sable. Depuis 1995 elle est classée parc national et offre ses chemins tortueux à la découverte des larges roues de 4X4.  Nous traversons l’île et Ari négocie avec brio ses premiers kilomètres, alors que sa progéniture secouée comme un prunier regarde avec intérêt cette forêt d’arbres tous plus grands les uns que les autres. Mais le vrai bonheur est la plage de 75km qui longe la côte et qui se transforme en route ou en piste d’atterrissage en fonction des besoins. Et dans l’eau pas âme qui vive, si ce n’est quelques pêcheurs qui entrent, canne à pêche à la main, jusqu’aux genoux. Et là vous vous dites, vraiment ils sont blasés ces australiens, une si belle plage sans même un transat, un maître nageur aux pectoraux bronzés ou une midinette en maillot de bain à paillettes… Et bien non car il y a encore un vice caché, une hostilité sous marine qui guette l’aventurier, ces eaux aux reflets verts sont infestées de requins empêchant notre Ari de faire ses 10 km quotidiens pour entretenir son corps d’athlète.

Nous longeons l’océan pacifique dont les embruns balayent le sable blanc. Nous découvrons des rivières venant rejoindre l’eau salée, admirons des dunes incroyables et observons l’épave d’un bateau. Mais le jour décline et notre camping n’attend plus que nous. En expert de la construction, Ari prend en mains le montage de la tente, vite secouru par son aide de camp qui elle, a dans sa jeunesse monter et démonter des tentes. Cet effort transforme nos baroudeurs en éponge tant la chaleur est éprouvante. Et puis alors que nous préparons notre fameuse salade riz, thon, œufs (un brevet sera déposé dès notre retour pour éviter tout copyright…), une attaque sourde est menée contre ces envahisseurs. Les auteurs de cette menace larvée s’appellent taons et moustiques. Les premiers stigmates apparaissent sur les jambes et les bras et le repas se transforme en chasse aux sorcières. Il est tôt mais face à l’agresseur, un repli dans le home sweet home semble être la meilleure alternative pour nos 4 explorateurs. Nous entrons donc dans notre tente, il est 19 heures la nuit est tombée et il fait 50°…La copilote craque et ne résiste pas à l’apnée et pour éviter l’évanouissement sort précipitemment de la hutte. Pour dormir il faut alors faire avec les moyens du bord. Deux sièges se transforment alors en lit pliant. La copilote respire enfin au grand air. Le choix est simple, l’asphyxie ou les piqures de moustiques qui feront leur œuvre toute la nuit pour tranformer la vénus en quasimodo, grattant au sang ses plaies. Quand on veut de l’aventure il faut savoir en payer le prix, terminer la grande vie dans les motels australiens…Le lever du soleil voit s’éveiller le reste de la troupe courbatue, collant de sueur mais déjà l’œil aux aguets pour combattre l’adversité des bêtes volantes. Seul l’habitacle du Defender constitue une vraie protection et nous remontons à l’assaut des collines de sable. Ari surmonte tous les obstacles et se joue des sables mouvants avec pugnacité et ingéniosité. La récompense est toujours au bout du chemin et nous découvrons une piscine naturelle épargnée par les gros poissons qui rodent au loin. Baignade, rencontre avec un suisse qui fait aussi un tour du monde et nous repartons vers l’intérieur des terres pour découvrir les lacs de cette île pas comme les autres. Sa beauté semble préservée par cette nature hostile et aucun  complexe hotelier ne saura vaincre ici. Ari pourrait vous vanter les prouesses techniques de son bel engin tant il a su négocier tous les pièges de ces sentiers. Alors il descend du véhicule et bombant le torse admire le dévers qu’il a su franchir. La copilote survit à ses blessures de guerre et chaque halte dans un lac est l’occasion d’un bain qui requinque tout le monde. Le coucher du soleil arrive quand nous trouvons notre second camping. La tente est montée, le lit pliant installé sous l’auvent et nos ennemis déjà au combat. Nous partageons notre repas avec une famille allemande et la nuit nous enveloppe de sa torpeur. Le sommeil est court et le réveil pluvieux. Les gouttes sont si grosses que tout est trempé en quelques secondes. On repart, laissant notre campement avec l’espoir que le soleil sèche un peu notre toit. Ari se croit sur le rallye Dakar et Luc Alphand a des soucis à se faire !!! Il laisse même le volant à sa copilote qui supporte pendant 10km les conseils du chauffeur en titre. Après ce que je viens d’affronter, mon flegme sera de mise. Et puis pour cloturer ce périple, nous verrons des dingos, sorte de chiens sauvages vivant sur l’île. On repart, je ne dirais pas indemnes, mais contents d’avoir vu ces paysages. Vive l’aventure aventure…

2 commentaires

coucou de christiane (5 avis) - 10-03-11 22:Mar

Je vous lis ts les jours ici le printemps arrive à la Chapelle bouexic .

Début AVRIL Petit chocho 'Gaétan 'repart pour la Chine (chenzhen) super job pour lui!!!.

Pas extra pour la maman!! gros bisous à vous 4

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Hi from La Chapelle Bouëxic de Carole (2 avis) - 09-03-11 21:Mar

C'est avec plaisir que je viens de découvrir votre périple en Australie : les paysages font rêver, les moustiques un peu moins, mais comme le dit Nolwenn : "quand on veut l'aventure..."; J'avoue que je serai assez tentée par les belles plages... Je vous embrasse bien fort tous les 4. Kisses

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